Un coup d’épée dans l’eau pour la protection des droits de l’homme en Europe ?
En 2024, l’UE a adopté une loi sur le « devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité » (Directive UE 2024/1760). Elle oblige les entreprises d’une certaine taille opérant dans et avec l’UE à respecter des obligations de diligence en matière de droits humains et d’environnement du début à la fin du processus de production. Cela signifie, par exemple, veiller à ce qu’aucune pièce issue du travail des enfants ou du travail forcé ne soit utilisée dans la fabrication de leurs produits. Les militant(e)s des droits humains ont salué cette loi, mais les associations professionnelles l’ont critiquée, la jugeant bureaucratique et coûteuse. Dès 2025, alors que les partis favorables à l’économie disposaient d’une majorité au Parlement européen, la loi européenne a été « assouplie » : elle ne s’applique plus qu’aux grandes entreprises de plus de 5 000 employé(e)s, qui ne sont plus tenues de surveiller l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement, mais uniquement les maillons où elles identifient elles-mêmes un risque important. En outre, les règles en matière de responsabilité ont été assouplies.
Discutez pour savoir si l’Union européenne a enfreint ses propres valeurs en prenant cette décision !